Un lémurien aux vocalises très fortes
Le maki vari roux vit au Nord-Est de Madagascar dans les forêts primaires humides, au niveau de la canopée (tout en haut des arbres). En milieu naturel, ils sont principalement frugivores. Ils peuvent aussi manger des feuilles, le nectar des fleurs ou encore des graines.
Une particularité que vous pourrez peut-être observer à Branféré ou plutôt entendre vient du fait qu’ils sont très vocaux et crient souvent dans la journée pour marquer leur territoire. Cela s’explique par leur mode de vie arboricole où cette espèce à pris l’habitude de communiquer très fort pour s’assurer d’être entendus.
La vie sociale et la reproduction chez les makis varis roux
Les varis vivent en groupe polygames multi mâles et multi femelles de 5 jusqu’à une trentaine d’individus. Ils vivent parfois en couple monogame avec leurs petits qui restent dans leur famille jusqu’à 2 ans environ. La gestation peut durer de 3 à 3,5 mois. En général, la femelle fait une portée de 2 petits tous les deux ans. Grâce aux 3 paires de mamelons que possède la femelle, elle peut allaiter jusqu’à 6 petits en même temps mais en milieu naturel souvent un seul survit.
La grande différence des varis par rapport à tous les autres lémuriens diurnes vient du fait qu’ils font des nids avant la mise-bas pour y déposer leurs bébés (aveugles à la naissance). Les petits ne s’accrochent pas à la mère à la naissance comme les makis cattas mais sont déposés dans ce nid.
La maman déplace le petit parfois en les tenant par la gueule comme peuvent le faire les chats ou les loups par exemple. Il commence à sortir du nid vers 3 semaines et suit les adultes à l’âge de 7 semaines.


Les menaces sur les lémuriens
Les plus grandes menaces pesant sur le lémurien sont en lien avec l’homme, depuis son arrivée à Madagascar il y a 2000 ans, 50 espèces de ces animaux ont déjà disparu dont le plus grand lémurien qui avait la taille d’un gorille. Aujourd’hui 98% des espèces sont menacées de disparition, dont plus d’une trentaine en danger critique d’extinction.
Chez le vari roux, la population a diminué de 80% en seulement 3 générations !
En effet, la menace numéro un est la déforestation, en 20 ans 60% de la forêt malgache a disparu et l’on estime une perte de 300 000 hectares de forêt chaque année.
Dans l’Ouest, la forêt humide est brûlée pour gagner du terrain et faire des terres agricoles afin de planter notamment du riz ou faire paître les troupeaux, c’est ce qu’on appelle la culture sur brûlis. Dans le Sud, le bois est surtout coupé pour faire du charbon de bois.
L’exploitation de bois précieux et rares {bois de rose, ébène, teck…} est également une des raisons de ce déboisement et sur ce point-là nous pouvons agir puisque ce bois arrive directement dans nos magasins. Sachez qu’il existe des labels FSC et PEFC qui garantissent une gestion durable des forêts ; c’est à-dire que pour 1 arbre coupé, 1 arbre est replanté, on évite de couper les arbres fruitiers qui nourrissent les animaux, on laisse le temps aux arbres de grandir, etc.
Un autre phénomène touche les lémuriens : la diminution des croyances locales. En effet, à cause de l’occidentalisation et l’arrivée d’influences extérieures, certaines croyances concernant ces animaux sont mises à mal. Or dans la culture malgache, les lémuriens ont une âme qui peut se venger si on se moque d'eux de leur vivant ou s'ils sont tués de manière cruelle. Pour cette raison, les lémuriens ont été une source de tabous, connus localement sous le nom de « fady » ; les gens croient également que l'animal peut être un bienfaiteur.
Avec la perte de ces croyances, les lémuriens ont perdu cette protection divinatoire et sont de plus en plus chassés pour leur viande ou leur fourrure, ou encore capturés pour en faire des animaux de compagnie.
Enfin les catastrophes naturelles liées au dérèglement climatique sur celle qu’on appelle l’île Rouge se multiplient. Cela représente un coût très important pour un pays extrêmement pauvre, des dépenses permettant de limiter les risques d’inondations, de séismes, d’érosion côtière, d’instabilité des sols, de submersions marines tels que les tsunamis et la pénurie d’eau. Le pays a mis en place avec le soutien de WWF un programme « capacité d'Adaptation aux Changement Climatique ». Il a pour objectif de trouver des solutions, comment limiter les impacts etc


Des associations et projets pour protéger et sensibiliser
Le gouvernement de Madagascar a annoncé le désir de tripler la surface des aires protégées, mais pour y arriver, il a besoin du soutien des autres pays du monde. C’est pourquoi l’Association Européenne des Zoos et Aquariums « EAZA », dont fait partie Branféré, a dédié en 2007 sa campagne annuelle de conservation et de sensibilisation à Madagascar, espérant ainsi pouvoir contribuer à son avenir…
Plusieurs associations s’activent pour la conservation des lémuriens à Madagascar. Une grande partie de leurs actions sont axées sur l’amélioration des conditions de vie des populations locales pour qu’ils protègent leur faune. Cette conservation communautaire a montré de très nombreux succès et certaines espèces dont ils restaient que quelques individus sont maintenant plus abondantes. C’est le cas pour le grand hapalémur, sauvé par l’association Helpsimus que soutient le Parc de Branféré.
Dans les parcs zoologiques, les animaux font partie d’un Programme Ex-Situ Européen (EEP) et certains individus nés en Europe ont déjà regagné Madagascar pour être réintroduits. C’est une illustration du rôle d’assurance que jouent les populations d’animaux dans les parcs zoologiques.
De notre côté, que peut-on faire ?
Revoir notre consommation, la réduire et limiter l’huile de palme, se tourner vers l’achat de meubles et autres produits faits de bois certifié (labels FSC, PEFC) si possible ne provenant pas de Madagascar.

Carte d’identité
- Classe : Mammifères
- Ordre : Primates
- Famille : Lémuridés
- Distribution géographique : Nord -Est et Est de Madagascar
- Habitat : forêt tropicale
- Sociabilité : groupe polygame ou en couple
- Taille corps : 55 à 60 cm (queue 60 cm)
- Poids : 3 à 5 kg
- Longévité : 15 à 20 ans
- Gestation : 3 à 3,5 mois
- Naissances : jusqu'à 6 petits (le plus souvent 2 petits)
- Alimentation : fruits, nectar, feuilles et graines
- Menaces : Déforestation (culture sur brûlis, exploitation forestière et minière) + chasse (viande)
Le saviez-vous ?
Des vocalises uniques
Leurs cris sont remarquables et leur permettent de marquer leur territoire. Ils vocalisent toujours la tête vers le bas.
Une espèce dite endémique
Cette espèce n’est naturellement présente que sur l’île de Madagascar, on parle d’espèce endémique.
Quand un lémurien se prend pour un oiseau !
Figurant parmi les plus grands lémuriens, les varis sont aussi les seuls à faire des nids dans les arbres avant la mise bas. Les petits commencent à en sortir vers 3 semaines et suivent les adultes à l’âge de 7 semaines.
Les lémuriens ne sont pas des singes
Les lémuriens font partie des primates, mais ne sont pas des singes. Il y a d’un côté les grands singes comme les chimpanzés, les gorilles… D'un autre côté, les petits singes avec les capucins, les macaques ... et pour finir les lémuriens.
La différence entre les trois vient du fait que les lémuriens ont gardé beaucoup plus de caractères primitifs des premiers primates (avec le sous-ordre des strepsirhiniens), il y a 65 ou 80 millions d’années selon les scientifiques : truffe humide comme les chiens, museau plus long, dentition avec canines et incisives formant une crête vers l’avant, queue aussi longue voire plus que le corps et la tête.

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