Une histoire étonnante

Château du parc botanique de Branféré Bretagne Hélêne Jourde peignant une toile Cerfs devant le château de Branféré Paul Jourde et un tapir

 

Branféré offre aux visiteurs le charme d'un parc aux arbres plusieurs fois centenaires, peuplé d'espèces animales exotiques des cinq continents. L'histoire peu commune de la famille Jourde, dernière propriétaire du château, permet de comprendre comment ce domaine, s'est peu à peu transformé en véritable "paradis des animaux" pour devenir aujourd'hui un pôle majeur d'éducation à l'environnement.

Un parc botanique plusieurs fois centenaires

De récents travaux ont révélé dans l'enceinte même du parc, les traces d'une villa gallo-romaine. Mais c'est en 1427, dans un écrit de Guillaume de Camarec, que l'on trouve pour la première fois la trace du nom de Branféré. De 1662 à 1857, le domaine est habité par la famille Freslon de la Freslonnière qui fera construire en 1848 le château actuel et qui parsèmera le domaine d'arbres d'essences diverses et variées.

Casimir Jourde, propriétaire du zoo de branfere en 1884
Casimir Jourde

En 1857, le Marquis de Barbeyrac de Saint-Maurice acquiert cette propriété pour la céder à Casimir Jourde en 1884. Selon la légende, ce dernier l'aurait gagné au poker! Casimir Jourde, après avoir fait fortune en Amérique du Sud, fait de Branféré sa maison de campagne où il reçoit ses enfants. Gaston Jourde, le cadet de la famille, hérite du domaine de Branféré. Nelly Rollet, son épouse devient l'âme de Branféré et le restera jusqu'à sa mort. De leur union naîtra en 1907 un fils, Paul Jourde.

Paul et sa femme, Hélène Castori, aristocrate italienne, peintre animalier reconnue sur la scène internationale, que l'on surnomme "la peintre du paradis", héritent du domaine de Branféré. Intellectuels passionnés, voyageurs invétérés, amoureux de la nature et des animaux, Paul et Hélène puisent, dans cet incroyable lieu, toute la source de leur inspiration.

Maharadjah de Kutch ayant inspiré Paul et Hélène Jourde pour créer le zoo de Branféré
Maharadjah de Kutch

Un coin de paradis

Lors d'un voyage en Inde, Paul et Hélène Jourde rencontrent le Maharadjah de Kutch et tombent sous le charme de son domaine, dans lequel de nombreuses espèces animales vivent en liberté. Cette rencontre va changer la destinée de Branféré. Le couple Jourde, sensible aux préceptes bouddhistes, décide alors d'accueillir à Branféré des animaux de contrées lointaines, tout en leur permettant de vivre en harmonie avec d'autres espèces, dans un cadre naturel d'une étonnante diversité. Pionniers d'un nouveau concept zoologique à leur époque, les Jourde voueront désormais leur existence à la préservation de cet environnement et au bien-être des animaux.

1965, l'ouverture au public

En 1965, encouragés par les pouvoirs publics désireux de faire partager ce "petit coin de paradis", Paul et Hélène ouvrent le parc au public, après avoir consacré près de 30 ans à l'aménager. Le succès est immédiat. Le parc suscite l'enthousiasme du public et des spécialistes qui saisissent l'opportunité d'observer et d'étudier des animaux rares. Des scientifiques comme Konrad Lorenz, biologiste et zoologiste autrichien titulaire du prix Nobel de physiologie ou médecine, fondateur de l'éthologie (étude du comportement animal) ou François de la Grange (le célèbre animateur de l'émission de télévision "les animaux du monde") deviennent des habitués de Branféré.

Un parc pour s'émerveiller, une école pour comprendre

En 1986, Paul Jourde s'éteint et laisse Hélène seule héritière du domaine de Branféré. Sans héritier et soucieuse de conserver l'esprit et la philosophie du parc, elle décide en 1988, de léguer le domaine à la Fondation de France. Elle décédera peu de temps après.

Paul et Helene Jourde, fondateurs du zoo de Branfere

Paul et Hélène Jourde en Egypte

 

Depuis, le parc ne cesse de s'améliorer et de développer cet univers féerique dans le respect de l'esprit de ses fondateurs. Dans cette continuité, la Fondation de France et la Fondation pour la Nature et l'Homme, en collaboration avec la Communauté de Communes du Pays de Muzillac se sont associées pour créer à Branféré, la première école de la biodiversité : l'École Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme. Destinée à sensibiliser les enfants, les jeunes et les adultes au monde du vivant qui les entoure, l'École est ouverte en lisière du Parc de Branféré depuis mai 2004. Les approches pédagogiques sont variées afin de répondre aux différentes sensibilités du public et les activités dispensées respectent le principe suivant : l'intention est d'informer et non d'enfermer dans un savoir.

Une gestion privée au service de l'intérêt général

Le Pôle Branféré est devenu, avec l'implantation de l'École Nicolas Hulot, un site majeur d'éveil au respect de la nature. Son mode de fonctionnement est particulier avec la gestion transversale d'une société privée et d'une association. La Fondation de France, propriétaire du domaine, loue le parc et délègue sa gestion à sa filiale, la S.A. Parc de Branféré. Cette société n'est pas subventionnée dans son fonctionnement. Elle vit et se développe grâce aux entrées et aux recettes annexes (boutique, restauration...). L'association École Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, occupe un bâtiment qu'elle loue à la Communauté de Communes du Pays de Muzillac. L'association se finance grâce aux prestations de type classes vertes, sorties scolaires, séjours de vacances pour enfants. Elle est soutenue dans son fonctionnement par des partenaires publics et privés.

Branféré est aujourd'hui un concept unique en France : rassembler en un même lieu un parc animalier et botanique, terrain d'observation et d'émerveillement et un centre d'éducation à l'environnement, l'École Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme, dédié à la compréhension et au respect de la biodiversité.

 
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